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La Fraise : Premier Fruit Rouge de la Saison

La fraise ouvre la saison des fruits rouges. Elle symbolise le retour du printemps car elle est le premier fruit à récolter de l’année. Mais est-ce un fruit ? À quelle famille appartient-elle ? Depuis quand en consommons-nous ?

Un Peu de Botanique : La Fraise et Ses Caractéristiques

Le fraisier est une dicotylédone de la famille des Rosacées, proche parent des rosiers, des pêchers, des pruniers et des pommiers. La fraise résulte du développement du réceptacle floral, et les fruits sont les petits akènes jaunes que l’on observe à la surface de la formation rouge.

Origines de la Fraise : Une Histoire Millénaire

Connu depuis la préhistoire, le fraisier pousse à l’état sauvage en sous-bois en Asie, en Amérique et en Europe occidentale montagneuse. Les premiers homo-sapiens apprennent à déguster le fruit des 35 espèces existantes. Réclamant un climat doux à frais, le fraisier est peu répandu dans le sud, notamment autour de la Méditerranée. Rarement consommée par les Grecs ou les Romains, la fraise était toutefois appréciée pour son parfum suave, comme en témoignent les écrits de Pline, Virgile et Ovide.

La Fraise au Moyen Âge : Début de la Culture et Utilisation Médicinale

Malgré son intérêt, le fraisier n’est cultivé qu’à partir du haut Moyen Âge grâce au fumage et au paillage. En 1368, un écrit fait état de 12 000 plants dans les jardins du Louvre. À cette époque, le fraisier est principalement utilisé pour ses vertus médicinales : feuilles, racines et fruits sont utilisés sous forme de tisanes, sirops et onguents.

En Belgique et en Allemagne, des botanistes parviennent à créer une nouvelle espèce durant le 16ème siècle : le fraisier Hautbois, ou Capron. Ce fruit plus gros, mais moins rouge, est cultivé en France sous le nom de Capron royal. Dès la Renaissance, les femmes dégustent la fraise avec de la crème et les hommes avec du vin.

Le Boom du 18ème Siècle : La Fraise S’Impose

Quelques décennies plus tard, Jacques Cartier découvre des fraisiers aux fruits plus gros au Canada, désignés sous le nom de fraisier écarlate ou de Virginie. Cette variété s’adapte bien en Angleterre et en Bretagne.

D’autres variétés suivent, importées par des explorateurs comme Amédée François Frézier, qui rapporte des fraisiers du Chili en 1714. Cependant, ses plants ne produisent des fruits qu’en compagnie d’autres fraisiers, notamment ceux de Virginie.

En 1750, à Plougastel, un centre de production est créé. De ce croisement entre fraisier du Chili et de Virginie naît le Fragaria x ananassa Duch., réunissant taille du fruit, saveur de la fraise et parfum d’ananas. Antoine Nicolas Duchesne obtient les premiers croisements entre deux espèces, créant le Fraisier de Versailles et consignant ses observations dans « Histoire naturelle des fraisiers ».

La Production en Île-de-France : Fierté des Maraîchers

La fraise se répand sur les tables de France. La variété originelle est progressivement remplacée par une fraise de gros calibre, mais cette dernière supporte mal le climat francilien. Les maraîchers reviennent alors à la fraise des bois, améliorant leur production pour aboutir à la fraise de Montreuil. Au 19ème siècle, la fraise parisienne jouit d’une réputation mondiale. Quatre appellations émergent : la fraise de Marcoussis, de Linas, de la vallée de la Bièvre et de la vallée de l’Yvette.

Une Disparition Programmée : L’Essor et le Déclin de la Production Artisanale

Au 20ème siècle, la production artisanale s’effondre en raison de l’industrialisation et de l’accaparement des sols. Dès les années 1970, le coût de la main-d’œuvre et le développement des transports mettent fin à l’âge d’or de la fraise francilienne. Aujourd’hui, rares sont les fermes qui perpétuent cette production printanière. La fraise de Marcoussis reste la plus connue, célébrée chaque mois de mai. Toutefois, la production artisanale est menacée par les fraises bas de gamme importées d’Espagne et du Maroc.

Les vallées de l’Yvette et de la Bièvre attirent désormais les citadins pour des cueillettes, tandis que la vallée de l’Orge se consacre à une production intensive.

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